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Poème écrit par Stapula

Une sacrée pointure

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Parler d’un anormal, c’est chose difficile,
D’autant qu’il écrivit « L’ACCIDENT ASSURÉ »,
« À TORT OU À RAISON », « JE SUIS UN IMBÉCILE »,
« LE SI EST LA » au lieu de fa si la si ré.

Il transcrivit encor « PARLER POUR NE RIEN DIRE »,
« S’ARRÊTER DE VIEILLIR », et... ne s’arrêta pas,
Commis « LA PART DU FOU », « TRICHERIE », « OUÏ-DIRE »,
« LE RIRE PRIMITIF », « FACE AU MIROIR », « FAUX PAS ».

Pour n’être pas trop dur envers ce cas d’espèce,
Je laisse la parole à des gens de valeur,
Seule, unique façon que je ne le dépèce,
Sur le mode assassin en vogue dans thriller.

C’est Jean-Jacques Gautier (Académie Française)
Qui, de lui, fait un Grock tout autant qu’un Charlot,
Dans l’âme « bon-enfant », que fuit douche écossaise,
Son art, voilant science, emportant le gros lot.

François Truffaut aussi voit plus grand que nature,
« Bigger than life » selon l’américaine voix,
Ce Kafka devenu Balzac, en sus stature
D’Alfred Hitchcock, effets à pleins convois.

René Clair le dépeint logique irréfutable
Capable d’ébranler la déesse Raison,
De voyage sujet, sur-place inimitable,
Sans parti pris de jour ni même de saison.

Jean Richard, exaltant ses « écriture », style,
Assure que, vivant, l’aurait aimé Jarry,
Tant l’œuvre est importante et le talent fertile,
Compagnie à l’honneur, pour nom Jacques Fabbri.

Georges Brassens pressent l’auteur du Misanthrope
Près du bonhomme assis dès lors que l’au-delà
Permettrait son retour, n’ignorant rien du trope
Et de la facétie, en veux-tu, en voilà.

Jean Rougeul l’auréole : un comique de classe
Retrouvant, au travers d’un absurde formel,
Bien réel et vivant : un vil monde qui glace,
Cruel au point que pleurs s’écoulent du Rimmel.

Selon Pierre Ferjac, usant de quelle gamme
D’effets dont, chaque fois, paraît l’intention,
Le même personnage, expert dans l’amalgame,
Possède une palette, au top l’expression !

Jacqueline Cartier, enthousiaste, admire
Ce « super-clown » jouant de combien d’instruments !
En renfort calembour et prunelle qui mire,
Outre outils de jongleur : balles, mots, sentiments.

Claude Sarraute en pince, elle aussi, pour l’artiste !
« Bourré comme un canon », parcours sans trêve, trou,
« À coups de poings, [...] de gueule », il se bat, améthyste
De scène se doublant d’un dément tourlourou.

Et Maurice Tassart, de même, ne se prive
De le sacraliser poète, comédien,
Méritant Harry Baur et Raimu sur sa rive,
Fidèles compagnons de route au quotidien.

Souhaitant maîtriser le français, la musique,
Quel parcours fut celui du Belge de Mouscron :
Le ci-devant Raymond, Devos, point aphasique,
Parti, voici huit ans, en barque, avec Caron !

Puisse tout un chacun s’inspirer de sa vie,
Magistrale leçon où le chef-d’œuvre, roi,
Grandit, libère l’homme et suscite l’envie,
L’absurde omniprésent, dont on se joue, orfroi !


Le 31 août 2014.

Tous droits réservés © Poème posté le 10/09/2015 par Stapula

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