Je ramasse la vie après son naufrage.
Obstinément, je me tiens à flot.
Il faut que je garde mon courage,
Mais pas l’inutile bibelot.
Absurdement, par de la charité,
Le Seigneur m'a offert de la veine,
Mon amour que j'ai mérité
Ou que je mérite à peine.
Ils arrivent, sous la lumière du soir,
Par certains souvenirs périmés,
Des messages que je reçois
De mon bâtiment fumé.
Et je distingue un certain horizon
Où je peux rencontrer des roches nues.
Je flotte sans aucune cargaison
Vers l'île distante inconnue.
Elle est un enchantement du mirage
Où je suis dans le suivi.
Je ramasse après le naufrage
Quelques morceaux de ma vie.
