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Au pas lent du fermier
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Le vieil homme en vareuse, au chemin caillouteux,
Fait traîner ses sabots sous la brume d’automne
Comme un skieur de fond, mais en plus besogneux.

Il conduit sa charrette au doux bruit qui chantonne
Que les bœufs attelés tirent fort hardiment
Sous les cris répétés de son verbe autochtone.

A hue et à dia sont dits si gentiment
Que ce fort attelage obéit et sans peine
Hale tout en soufflant le si lourd chargement.

Peut-il encor rêver humer la fine haleine
Provenant d’une bouche aux fort pulpeux contours
Comme ceux de sa Mie embrassés dans la plaine.

Sa chanson fredonnée en dit long du parcours
Que tous deux ont suivi dès leur tendre jeunesse ;
Lui étant réputé pour doper leurs amours.

Il se dit, cheminant, que soudain le temps presse
Qu’il doit pousser son pas pour sortir du pas lent
Qui le traîne en chemin sans aucune prouesse.

Les bords de la forêt n’ont point d’équivalent
Tant les fines couleurs de palette ineffable
Colorent les feuillets balancés par le vent.

En s’approchant enfin de son humble retable
Le vieil homme fourbu découvre le fumet
Qui bientôt va parer le dessus de sa table.

Sa femme est à l’ouvrage et sait qu’il est gourmet.


© Poème posté le 13/07/2015 par Tonindulot

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