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Du berceau au tombeau
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Dans l’Eden oublié où nous aurions pu naître,
Descendants de Lucie, notre lointaine ancêtre,
Se perpétue la vie comme au tout premier jour.
La faune persévère à célébrer l’amour,
Unique loi prescrite à tous par Dieu le Maître.

La lionne a quitté sa tanière infantile,
Mue par subtil instinct de femelle nubile,
Le désir du mâle tout puissant l’incitant,
Jeunes crocs d’albâtre, peau cuivrée de titan,
Dernier souverain de la savane indocile.

Il domine, impérieux, agitant sa crinière,
Parcouru de frissons, la majesté altière,
Le corps de la féline à terre se couchant.
Guêpiers et tisserins font résonner leur chant
Pour annoncer la noce à la cour tout entière.

Est-ce le repentir qui maintenant nous pousse,
Après avoir perdu Saba, Carthage et Sousse,
À revenir aux lieux disparus ou détruits ?
Est-ce par espoir d’y revoir le paradis,
L’immense forêt vierge et les ors de la brousse ?

Croisière sur le Nil, safari au Kénia
Baignade au Sénégal, pêche au Lac Victoria,
Riants horizons sur fond de cartes postales.
Ailleurs le sol est sec et les rivières sales,
Les enfants meurent de faim et de malaria.

Mère Afrique, ton sein, censé être berceau
De toute créature, hommes et animaux,
Comment peut-il si bien tolérer le carnage
De trop de vies fauchées avant la fleur de l’âge ?
Que s’est-il passé qui fit de toi ce tombeau ?

© Poème posté le 13/07/2015 par Oxalys

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