Village sur la mer, autrefois Stapula,
Entrepôt, stock (de sel ?) en langue germanique,
Étaples, mise à sac, prospéra sans fla-fla.
De la pêche artisan, ce port, hier tonique,
La Canche, sa rivière, entre lui, le Touquet,
Hors la plaisance, est mort, l’ensablement chronique.
Du passé, par bonheur, subsistent – quel bouquet ! –
Chantiers navals, Roulev, défunte corderie
Où Maréis éveille, à l’océan, quinquet.
Une coopérative, au départ rêverie,
Regroupe les pêcheurs, conséquent capital
Grâce à son restaurant et sa poissonnerie.
N’étant plus débarqué sur le quai – coup fatal –,
De Boulogne-sur-Mer, toute proche voisine,
Le poisson ramené trouve encor quelque étal.
Sortie en mer prévue, ô sur rien ne lésine
La vedette au grand cœur ! – Ville-d’Étaples : nom –
Ne voulant décevoir client, et... Mélusine ?
Si de récents aïeux ont perdu leur surnom,
Lefèvre, l’Étaplois, marque la Renaissance,
Ses disciples de même, immortel leur renom.
Puisse-t-on conserver, de la meilleure essence,
Hareng d’Or, Hareng Roi, les marchés si vivants !
À canotes la joute, aimable effervescence...
Et notre belle baie, ouverte à tous les vents,
Magique la palette, aux tons changeants d’opale,
Des peintres subjugués, de ce site fervents.
Jusqu’à, pareillement à femme qui s’empale
Sur l’homme à mort étreint, béate macula,
Ne plus quitter l’endroit, frais comme vert sépale,
Village sur la mer, autrefois Stapula.
Le 2 avril 2012.
