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Complainte d'un coussin
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J'ai beau être plein de douceur,
Les homm's n'ont pas d' reconnaissance
Et m'écrasant d' leur postérieur
Je fais avec eux connaissance.
C'est vrai qu'on pourrait bien m'envier
De m' frotter aux intimités
Mais sachez que le plus souvent
Cet attouch'ment est étouffant.

Nul ne m'est besoin de lunettes
Pour connaître vos fondements
Et voilà bien belle lurette
Que je les r'çois brutalement.

D'un naturel hospitalier
J'invite les gens à s'asseoir
Mais sans aucun' civilité
Ils ne m'accordent aucun égard,
Sans bris' marine avec les vents,
J' suis au parfum assurément
Mais c'est pas d' rose ou d' bois de santal
Que l' plus souvent, on m'emboucane.

Nul ne m'est besoin de lunettes
Pour connaître vos fondements
Et voilà bien belle lurette
Que je les r'çois brutalement.

Il arrive encore ma foi
Qu"on doive recourir à moi
Pour remplacer un oreiller
Qui viendrait soudain à manquer.
Lors, je recueill' des confidences
Quand on frott' sa joue à ma soie
Et quand j' prends part à vos débats.
En m'envoyant valser, je danse.

Nul ne m'est besoin d'oreillettes
Pour connaître tous vos secrets
En posant sur moi votre tête
Vous vous en soulagez bien quiet .

Parce que je suis rembourré
On me vol' dans les plum's à l'aise
Et mes formes se trouv'nt marquées
De votre empreinte qui me pèse.
Je laiss' des plum's dans vos combats
Pour qu'on me jette sans attention
Et quand Morphée vous tend les bras
Vous vous fait's lourds comme le plomb.

Nul ne m'est besoin d'oreillettes
Pour connaître tous vos secrets
En posant sur moi votre tête
Vous vous en soulagez bien quiet .



Musique de JMD

© Poème posté le 19/01/2015 par Louis Vibauver

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