Les chauds hiers, les froids demains
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A ta fenêtre vermoulue,
Depuis hier comme demain,
Tu regardes les inconnus,
Sans y reconnaître les tiens.
Tel le biscuit d’une gaufrette,
Effrité par des vers voraces
Ou un broc fendu, de ta tête
Tout souvenir s'en va, s’efface.
L’hydre tranquillement avance,
Tissant de métal son armure,
Encore d’ici, mais absence,
Maman, tu n’es plus que sciure.
Et mon bac vogue, seul, tragique,
Près des rives que nous aimions,
Ces joutes verbales épiques,
Qui nous portaient dans leur passion.
Pourtant, à tes genoux campé,
Je persiste, en monologues,
A nos délires ranimer,
Jouant les patients pédagogues…
Mais je vois bien dans ton regard,
Que tes plus beaux efforts naufragent,
Contraints, au milieu d’un hangar,
Aux fers d’un trop puissant ancrage.
A ta fenêtre vermoulue,
Ignorant les joies, les chagrins,
Je trie pour toi, tu ne sais plus,
Les chauds hiers des froids demains.
Depuis hier comme demain,
Tu regardes les inconnus,
Sans y reconnaître les tiens.
Tel le biscuit d’une gaufrette,
Effrité par des vers voraces
Ou un broc fendu, de ta tête
Tout souvenir s'en va, s’efface.
L’hydre tranquillement avance,
Tissant de métal son armure,
Encore d’ici, mais absence,
Maman, tu n’es plus que sciure.
Et mon bac vogue, seul, tragique,
Près des rives que nous aimions,
Ces joutes verbales épiques,
Qui nous portaient dans leur passion.
Pourtant, à tes genoux campé,
Je persiste, en monologues,
A nos délires ranimer,
Jouant les patients pédagogues…
Mais je vois bien dans ton regard,
Que tes plus beaux efforts naufragent,
Contraints, au milieu d’un hangar,
Aux fers d’un trop puissant ancrage.
A ta fenêtre vermoulue,
Ignorant les joies, les chagrins,
Je trie pour toi, tu ne sais plus,
Les chauds hiers des froids demains.
Ce poème, en hommage aux victimes de la maladie d'Alzheimer et leurs proches.
