Il a habillé de graphite noir
Sa main, passant l’autre dans ses cheveux,
S’est assis au pupitre, en ce lieu
Où frémit sa vie, presque chaque soir.
Il a rapproché une feuille blanche,
Machinalement, dessous le crayon,
Lorsque, de ses doigts fins, en noirs flocons,
Des mots ont chu soudain , en avalanche.
Et le voile transparent du poème
S’est vivement assombri, sans pudeur,
Pompant grain après grain cette douleur,
Que les cœurs abîmés quelquefois sèment.
Et à mesure, le soulagement,
Sur son âme à vif une guérison,
Après le mal, la scarification
D’une plume acérée, au sec tranchant.
Il a habillé de graphite noir
Sa main, passant l’autre dans ses cheveux,
S’est assis au pupitre, en ce lieu
Où frémit sa vie, presque chaque soir.
