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Une saison au Paradis...
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Je rêve quelques fois à de belles rencontres,

Avec tous ces poètes aux vers de jour de fête,

Ces magiciens des mots, de voix de haute contre,

Qui nous ont régalés de lais d’autres planètes.



Par exemple Rimbaud, et son bal des pendus

Ou son dormeur du val, et même sa bohème,

Que pourrait-il me dire, à ses moments perdus,

Qui pourrait éclairer le gris de mes poèmes.



Ou peut-être Verlaine et tous ses sanglots longs

Des violons de l’automne et de son vent mauvais,

Ce doué du concis, des mètres, l’étalon,

Qui jadis et naguère, de notre art, tout savait.



Et pourquoi pas Hugo et ses voix intérieures,

Ses chants du crépuscule et ses feuilles d’automne,

Ses critiques acérées envers le supérieur

Et ses vues de demain, qui aujourd’hui résonnent.



Ou encore Musset et son frisson d’hiver,

Qui donnait à ses nuits des parfums de tourment

Et qui sur son tombeau avait voulu ces vers,

Qui d’un « rappelle-toi », gémissait doucement.



Rencontrer Eluard et son orange bleue,

Assister avec lui à l’arrivée du monde,

L’écouter dire à Nush combien il est heureux

Et de sa liberté, la chanter à la ronde.



Croiser sur son chemin monsieur de Montcorbier

Et trouver avec lui les rimes de ses lais,

Voir dans son testament que potence et gibier,

Quand se dit du maudit ,que des verbes bien laids.



Et que dire à celui, peut être le meilleur,

Que de ses fleurs du mal il a tant fait éclore

D’envie d’être poète, aède ou bien rimailleur,

Que de la poésie il est son sémaphore.



D’un bel après-midi, amadouer son faune,

Ou d‘une nuit trop blanche, visiter Idumée,

Rencontrer Mallarmé, quand on est que béjaune,

C’est bien à l’excellence, avoir à se former.



Côtoyer Aragon, l’espace d’un instant,

S’asseoir à ses côtés, souriant, c’est l’été!

Entendre dans son crâne un battement du temps

Et n’écouter que lui, son cœur enfin dompté.



Sur le pont Mirabeau, de joie, après la peine,

Faire un bout de chemin, avec Apollinaire,

Lui qui faisait des lais à l’intention des reines,

Que dirait-il de moi et de mon air lunaire ?



Et les autres, bien sûr, Samain, Laforgue ou Cros,

Heredia, Verhaeren, Nerval ou Lamartine…

Vous tous, qui chaque jour, en me rendant accro,

Donnez à mon stylo des joies de narcotine,



Que j’aimerais des fois, partager votre foi…



Moietmoi mars 2014
Mon plus beau rêve.

© Poème posté le 08/12/2014 par Moietmoi

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