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Les eaux dormantes
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Quand transi, couché à l’horizontale,
Mon corps défunt vivra l’allargando
De la lente symphonie pastorale
Qui tressaille, la nuit, sur les ruisseaux,

Entre mes quatre planches couleur parme
Sans vie mais heureux, je t’écouterai
Défendre l’homme que je fus, sans larme,
Devant tous ceux tentés de m’encenser.

A l’heure où retentiront les cloches,
Pointant mes talents, scandant mes défauts,
Des autres, qui bruisseront de reproches,
Ton absence gênera les propos.

Car toi seule verras, au plus profond,
De sous le vent tiède des bavardages,
Fleurir les joncs, les roseaux de mon nom
Penchés, c’est vrai, le long de marécages.

Et quand de leurs brumes tu tireras
Ces textes lancinants, ces vieux poèmes,
Que j’écrivais, que je ne t’offrais pas,
Tu comprendras ma souffrance. Je t’aime

A frémir toujours, sous des eaux dormantes,
A t’écrire, sans pouvoir reposer,
Tant que, agenouillée, éblouissante,
Sur mes rives perdues, je te verrai.

© Poème posté le 22/11/2014 par Fregat

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