Est-ce que je t’ai parlé, un jour ?
De cette fée cruelle,
Mais tellement belle,
Qui m’envoûta pour toujours.
Rencontrée au bord de l’eau,
Quand le soleil rase le roseau.
La pluie danse sur l’horizon.
Tu vois celui de ma déraison.
Elle inonde mon tombeau,
Par les silences pliant le roseau.
Est-ce que je t’ai parlé, un jour ?
De cette note de musique qui éveille,
Volant entre la plage et le ciel.
Elle me perturbe pour toujours,
Bloque mon pas sur le trottoir.
Me plongeant en désespoir.
Et cette neige se fige en linceul,
Tu vois, nous sommes seules.
Elle glace mon corps putréfié,
Au fond du cercueil vitrifié.
Est-ce que je t’ai parlé, un jour ?
Qu’au rocher j’ai fait l’amour.
En bernique, je m’y étais accroché,
Mais cette pierre m’a rejeté.
Réfugié dans un bar
J’ai picolé en salopard.
Le bitume craque sous ton parfum.
Mon orgueil se réveille en festin,
Et sous le verre de ma lunette brisée,
J’entrevois les chemins hérissés.
Est-ce que je t’ai parlé, un jour ?
De la voix, en chant, qui accompagne,
Du fond des terres de ma Bretagne.
La lande s’incline sous les vents,
Musique infernale des tourments,
Aux veuves qui vont avoir enfant.
La coque casse sous les brisants,
Le violon pleure l’instant d’un rêve,
Et l’univers danse sur le roseau,
Tes larmes nourrissent mon caveau.
Je bouscule les je t’aime,
En d’obscurs poèmes.
L’instant d’un rêve,
L’instant d’un univers.
Est-ce que je t’ai dit, un jour ?
Mon amour, Je t’aime.
Loïc ROUSSELOT
