Les abreuvoirs
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Les abreuvoirs de mon enfance
Ruisselaient d’eau en abondance.
Que de mufles doux s’y plongeaient,
Que de chevaux s’y abreuvaient !
Et nous, gamins, nous pataugions ;
En véritables trublions
Nous y troublions cette eau pure
En faisant taire son murmure
Mais, nos jeux une fois finis
L’eau murmurait à l’infini
Fraîche, limpide et salutaire
Nous n’avions su la faire taire ....
Et le soir, quand nous revenions
Lassés, sur les chemins de terre
De ce pays que nous aimions
Vers notre ferme solitaire
Au village, dans l'abreuvoir
Dont l'eau attendait la pénombre
Sous un ciel d'étoiles sans nombre
Penchée, la lune venait boire !
