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Noir
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Si j’ai broyé, caillou, tes éclats dans ma tête,
C’est d’en tirer les feux qui consument ici
Mes sens : une littérature anachorète.

Et j’ai laissé toute licence à mes démons :
L’air véhément des mers, l’ire au plus haut des monts ;
J’étais étroit ! J’ai tout connu ! Plus la défaite...

J’ai chanté jusqu’au son de ma mise à merci !

… Ton hallali, Néant, sonne à nos Parthénons
Le glas renouvelé d’un vieux bronze épaissi
Sous le grec envers gris des fables et du mythe.

Crevé, l’œil absolu de nos aspirations,
Laisse encor s’écouler le faux parfum du myrte,
Le sébum mystérieux, l’ancien miel des humeurs
Suintant de cette plaie inhumaine - et j’en meurs !

L’exercice du glyphe, agreste espace hispide,
Impasses, culs de sac, visions, disparitions,
Basculant tour à tour les dogmes et les mœurs,
N’a de pérenne rien que nous ne flétrissions.


… Mais nul écrit ne brave, où s’envole le rêve,
Le cri vrai de la Muse et ses torves secrets
Censurés par des clefs dont l’entrave relève.



Pour transcender, Réel, ton odieux pouvoir,
Peut-être pour sortir d’un affreux étouffoir ;
Ah ! pour négocier quelque forme de trêve
Avec les dieux cruels aux sourires sucrés,
Sous le tic-tac tragique et le laminoir
noir.

© Poème posté le 08/01/2018 par Salus

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