Je n’ai d’heur d’être
Je n’ai d’heur d’être que de toi
Douceur de toi au jour premier
Au jour premier qui fit de moi
Qui fit de moi ton chevalier
Je n’ai malheur que par ma croix
Que par ma croix devoir porter
Devoir porter guère autre choix
Guère autre choix que mes regrets
Si j’ai vécu dessous ton règne
Si j’ai bu l’eau à ta fontaine
Et si ton cœur en mon cœur baigne
Qu’il s’aille bien danser fredaine
C’est qu’hors ton règne il n’est de vie
C’est qu’hors fontaine il n’est de soif
C’est qu’hors ton cœur il n’est d’amie
Et que fredaine tous nous coiffe
Le grand bonheur que j’eus de toi
S’en est allé triste et soumis
Il n’est d’Angers que de Domi
D’avoir mué en dol ma joie
Je n’ai regrets d’avoir connu
Le grand fracas de mon cœur nu
La dâme à moi qui fut venue
A regard doux et sans mévue
Et chants d’oiseaux en ses cheveux
Et nuits brûlées dedans ses yeux
J’ai le cœur fol d’avoir goûté
Cette herbe par son pied foulée
J’ai bu l’eau par sa peau touchée
Et le rocher s’est écoulé
De toi j’ai connu grande joie
Et grands soupirs et grands baisers
Grande faveur et grand émoi
D’avoir au temple entrer oser
Plus autre ne m’est le souvenir
Que ce qui d’aimer fut le frémir.
Douceur de toi au jour premier
Au jour premier qui fit de moi
Qui fit de moi ton chevalier
Je n’ai malheur que par ma croix
Que par ma croix devoir porter
Devoir porter guère autre choix
Guère autre choix que mes regrets
Si j’ai vécu dessous ton règne
Si j’ai bu l’eau à ta fontaine
Et si ton cœur en mon cœur baigne
Qu’il s’aille bien danser fredaine
C’est qu’hors ton règne il n’est de vie
C’est qu’hors fontaine il n’est de soif
C’est qu’hors ton cœur il n’est d’amie
Et que fredaine tous nous coiffe
Le grand bonheur que j’eus de toi
S’en est allé triste et soumis
Il n’est d’Angers que de Domi
D’avoir mué en dol ma joie
Je n’ai regrets d’avoir connu
Le grand fracas de mon cœur nu
La dâme à moi qui fut venue
A regard doux et sans mévue
Et chants d’oiseaux en ses cheveux
Et nuits brûlées dedans ses yeux
J’ai le cœur fol d’avoir goûté
Cette herbe par son pied foulée
J’ai bu l’eau par sa peau touchée
Et le rocher s’est écoulé
De toi j’ai connu grande joie
Et grands soupirs et grands baisers
Grande faveur et grand émoi
D’avoir au temple entrer oser
Plus autre ne m’est le souvenir
Que ce qui d’aimer fut le frémir.
