Rêverie sans élision
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Antique saut crépusculaire
Le ciel bleu roi
Teinté de pourpre et de mystère
Tombe sur moi
Les oiseaux traquent le carabe
Glissent, tournoient
Au périgée à l’astrolabe
Les feux rougeoient
Ce qu’amour fut souvenir veille
… De pis malheur
Que l’oubli démons et merveille
Ensorceleur !
(J’ai beaucoup appris de la treille
Pas des lilas
Et j’ai plumé dans mon sommeil
Ces anges-là !)
Caché dans un buisson d’agave
Le chat matois
Accuse une patience grave
Lorgnant vers moi
La terre est froide et silencieuse
Sous le sillon
Mais la nature est radieuse
Chaque saison
Ainsi que mouche se révèle
Au venin froid
La songerie peut cruelle
Se faire loi
Mais que la nature est donc belle !
Nue la nuit
Dans la plaine lascive où les fleuves
Défont leurs lits
