L’adjacente
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Ma voisine Lubdiwine,
Ma voisine à l’air divine.
C’est la syntaxe ou la rime ;
L’air divin ? ça je supprime !
Car je ne voudrais, badin,
Offrir trop bonne badine
Au spécialiste - sanguin -
Caressant sa phalangine !
Ma voisine Ludivin,
Avec sa belle poitrine,
Ma voisine a bu du vin,
Une idée en moi chemine…
Bu du vin, ma Lubdiwine ?
Sais–tu que ta hanche mine
Ma patience et la lamine ?
Je me fais un peu devin
Pour te dire, Ludivin,
Lubdiwine, ma voisine,
En tant qu’oracle-écrivain
Qu’il montera, le levain
De ton œillade mutine
Que j’ai surpris ce matin,
Mandarine, mandarin,
Rose-marin, romarine ;
Toi dont le charme assassine,
Sous le long cheveu rouquin,
De ton œil bleu qu’acoquine
Cet art d’être un peu requin,
Mon cœur en mal de quinine !
Qu’un lointain chêne de Chine
Enchaîne à son fruit prochain
Ceux d’une austère doctrine,
Médecins que je dessine
Tels que le gland endocrine !
S’ils poursuivent ce refrain,
Eux verront dresser leur crin
Car s’en vient ma Lubdiwine,
Le sourire souterrain,
Les reins libres, souveraine,
Qui me trouble et qui m’entraîne
Dans un slow abysséen…
… Chaste ! n’est chaude ni chienne,
Las ! la chatte abyssinienne,
Je n’en pus mordre un seul sein !
Je me ferai médecin
Pour soigner l’épicurienne,
Que le contact de ma main
A sa cuisse lui devienne
Comme un bon baume qui mène
Ma Lubdiwine au divin !
Que devine la gamine ?
Quelle anonyme déveine
M’a fait m’agiter en vain ?
Imaginez le chemin !
