Hypothèses et perspectives
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J’ai perdu le goût des choses,
Il ne me faut plus qu’écrire !
- Quelque temps dont tu disposes
Reste insuffisant ; le pire ?
La probante inanité
L’improbablement compris
La prudente vanité
Qui perturbent mes esprits !
Que j’écrive ! et qu’il ne faille
Courir droit, quand tout dévie !
Ce temps perdu, cette faille,
Cloue et lézarde une envie ;
La Muse au sein de l’enfer
L’angoisse encor et à cris !
L’art sous l’œil de Lucifer
Et plus glauques mes écrits !
Pour qu’arrive et qu’enfin belle
Ma rime encense la chose
Ni sordide ni cruelle
- Car chanter le beau, je n’ose -
Il faudrait que tout ce temps
Qui file et dont je pâtis
Fût, figée, une eau d’étangs
Bordant de calmes pâtis…
Sauf sourire, de survivre
Ferme issue à cette porte
Ouvrant sur cette joie ivre
Sans laquelle, peu m’importe !
J’ose espérer cependant
Regardant François Villon
Des qualités à mon chant
Sous la crasse et le haillon ;
Si c’est richesse de verbe,
Lendemains aléatoires,
Si l’inspiration superbe
Se paie en misères noires,
Si rudesses au combat,
Et du trépas, sentiment,
Préservent mieux de ce bât
Qui fait mièvre - où l’on se ment -
Lors ce serait une chance
L’avenir comme une plaie ?
J’en souris, mon cœur balance :
Je marche sur une laie
Si peu tracée, un sentier
Bien au delà du malheur
Qui boira mon sang entier
Plus tard mes pleurs et ma peur
