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Gardons, mon ami, la force de gloser....
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L’automne s’en arrive et je sens quelque peine
S’il fallait, maintenant, parler de ma souffrance
Tant mon ciel est formé d’une voûte si pleine.

Or voulant la nommer, si fait de tolérance,
Je ne sais trop quel nom elle devrait porter
Tant mon heur est souillé par tant de doléance.

Et pourtant, dans ce coin, il me faut rapporter
Si c'est amour, folie, orgueil, expérience,
Et dois te renseigner surtout sans m’emporter.

Je ne sais si la foule accepte l’obédience
Ni si personne au monde en pourrait profiter.
Alors pour te tenir en plus sereine audience

Dans le chaud de mon âtre où je vais t’inviter
Je veux bien toutefois t'en raconter l'histoire,
Car à trop retenir je ne sais qu’hésiter.

Maintenant tu souris, moi je hurle victoire
Puisque nous voilà seuls, assis près du foyer
A soigner grâce aux mots cette peine notoire.

Ton talent ne requiert qu’oreille à déployer ;
Prends cette lyre, approche, et laisse ma mémoire
Exprimer que mon spleen est millet à broyer.

Mon cœur saura dès lors, sans fouiller son grimoire,
Au son de tes accords doucement s'éveiller
Puis renaître soudain dans cet humble prétoire.

Lors le site en émoi saura s'émerveiller !


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D'Alfred Musset toutes les phrases en gras enchaînées dans le sens descendant

© Poème posté le 17/09/2017 par Tonindulot

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