Aquilon
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Le vent qui roule ! Avec ma pensée, ouvre un autre monde.
Le vent défile à la nue arquée où mon œil fou sonde.
Dans le profil des nuages bas, griffé des airs frais,
File un vieux rêve, et file la mort : les deux me sont vrais.
Tout est silence, en dehors du souffle émouvant de vie
Qui secoue une étendue, et siffle, et gifle à l’envie.
Le vent nous vient d’un cosmique échange, au chaud, du soleil,
Ou froid, d’un ange à l’aile transi - un pauvre ange vieil -
Mais ni cruel, ni méchant ni bon, mouvement, feu, force !
Il est pareil aux pures chansons d’une âme retorse.
Soufflez, zéphyrs ! Que vos tourbillons raniment le jour.
Forcez, blizzards ! Il n’est rien tant qu’aime Eole jouir !
Dans l’univers, la voie est dans l’air levé des bourrasques ;
Comme, cascade, à la chute épique, on aime tes vasques,
Comme l’on aime une ample bouffée, aux mufles épais,
Et les pâtis, quand le temps passe, immense…
Et c’est la paix.
