Le poète
3
Son ouvrage tombé à ses genoux,
Sur l’étrave spumescente du monde
Qui fouette ses yeux et mouille son cou,
Il hume le temps que sa plume sonde.
Le poète n’utilise les mots
Que pour fixer ce qui teint les silences,
Il sait chacun des secrets du ruisseau,
L’aile d’une ombre est pour lui une danse.
Dans le gisement dépouillé des pierres
Où ricoche par instants le soleil,
Il surprend, aux lianes d’un vieux lierre,
L’âme engourdie du moulin en sommeil.
Des rocs troués que fait souffrir la mer,
Où la houle fuse à longs coups de reins,
Il entend la sterne à grands cris couverts,
Aux gerbes d’écume unir son destin.
Même du crapaud sous le ciel étrange,
Dans les roseaux où circule un frisson,
Il entrevoit clair sur ses yeux orange
Le flash d’un orage sous l’aquilon.
Nées quelque part entre deux confidences,
D’ardentes rimes, les voilà ses armes,
Autant que ses vers parés des nuances
De fleurs fragiles où tremblent des larmes.
Sur l’étrave spumescente du monde
Qui fouette ses yeux et mouille son cou,
Il hume le temps que sa plume sonde.
Le poète n’utilise les mots
Que pour fixer ce qui teint les silences,
Il sait chacun des secrets du ruisseau,
L’aile d’une ombre est pour lui une danse.
Dans le gisement dépouillé des pierres
Où ricoche par instants le soleil,
Il surprend, aux lianes d’un vieux lierre,
L’âme engourdie du moulin en sommeil.
Des rocs troués que fait souffrir la mer,
Où la houle fuse à longs coups de reins,
Il entend la sterne à grands cris couverts,
Aux gerbes d’écume unir son destin.
Même du crapaud sous le ciel étrange,
Dans les roseaux où circule un frisson,
Il entrevoit clair sur ses yeux orange
Le flash d’un orage sous l’aquilon.
Nées quelque part entre deux confidences,
D’ardentes rimes, les voilà ses armes,
Autant que ses vers parés des nuances
De fleurs fragiles où tremblent des larmes.
