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L'Age Mûr – Qu'on me laisse gémir
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L'Age Mûr – Qu'on me laisse gémir

Ce corps vieux raviné qui vécut tous les deuils
Qui se penche et se tord et qui sait tout déjà
La souffrance et les pleurs qui déchirent ses bras
C'est mon âme envolée enlevant sous mon œil

Un pantin homme usé déjà prêt au cercueil
Dont le corps n'est que plaie préparant au trépas
Et qui a l'air d'un fou voyant ne voyant pas
Toute grandeur cassée puisqu'il fut mon orgueil

Moi je suis à genoux bras tendu mains pleureuses
Jeune fille humble et nue saignant ses amours mortes
Dont la fierté se meurt à son art de sculpteuse

Et qui supplie sans honte abattue larmoyante
Tout comme elle riait du temps qu'elle était forte
Qu'on me laisse gémir mon long cri d'implorante
Implorante, humiliée, à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, c'est ainsi qu'elle est représentée. Implorante, humiliée, à genoux, et nue! Tout est fini ! C'est ça pour toujours qu'elle nous a laissé à regarder! Et savez-vous, ce qui s'arrache à elle en ce moment même, sous vos yeux, c'est son âme!
Paul Claudel

© Poème posté le 27/07/2017 par Typique

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