Sublimation du Phantasme
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- Les victoires de l’alchimie -
Que m’importe, flacon, goûter à ton ivresse !
L’artificielle impasse et m’ennuie et m’oppresse…
Mais alors qu’une absence abat sur le présent
Cette marée étale au flot désabusant
D’influx vides et nuls qu’on ne voit ni ne sent,
En ce perpétuel jusant, je prie et tresse
Et j’entrelace, comme on prêche aux vents déserts,
Des mots lâches et sourds, sous les auvents des airs.
Sur le métier sans voix retissant mes suffrages,
J’en appelle aux amours, les ailant de ces rages
Qui furent de mes nuits, toujours, les apanages,
Mais l’écho revient seul, les sons seuls sont diserts …
Dans l’oubli d’un ciel vide où le destin s’élance,
Des feux inapaisés hurlent d’un lourd silence.
La fièvre, avec le temps, ne succombe, je crois,
Jamais ! Tant que résiste un désir, ils sont rois
Ces songes louches aux devenirs tant étroits ;
Cessons dès lors d’y voir quelque horrible science !
Visons d’autant plus haut que les amonts sont bas ;
Chimère de l’image engendrée aux ébats
Inconnus ou rêvés par l’autre en nous qu’on nie,
Vision, lourde du plomb maudit de la manie,
Te transmuteras-tu en noble or, si, bannie,
Nous t’inhumons, laideur, en de beaux mastabas ?
Ainsi se cache un chat cruel sous Cléopâtre
Et des férocités dans la douceur de l’âtre ;
L’onirisme est un coffre et Pandore une enfant ;
D’Aphrodite s’élève un démon triomphant !
L’amour est bon, même au malheur du cœur qu’il fend ;
La scène atroce anime un bien meilleur théâtre !
