Noli me tangere
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Sous le grand pin qui plie à l’heure de l’orage,
La racine est tendue et plonge en outre-terre ;
Comme un arbre rossé par le ciel en colère,
Plus profonde est ma rage.
Sans issue, à Pluton, je dois cette angulaire
Fureur tout artésienne et, beau comme un mirage,
L’insigne sentiment d’échapper à l’outrage
D’un dieu plus délétère.
Porté par l’ombre où je me noie en contresens,
J’aime et je hais si fort souvent les mêmes choses
En leurs métamorphoses !
Debout sur le grand axe, au calme horizontal,
Je suis semblable, instable, au fruit de l’impatiens,
Précaire, inquiet, brutal.
