Onze heures précises, chaque matin, ponctuelles,
C’est le réveil des dames en blanches dentelles,
Gracile éclosion d’immaculées ombelles,
Dont le parfait accord ne peut qu’émerveiller.
Comment l’ont-elles senti, quel est ce mystère
Qui leur dicte tout bas d’entrouvrir les paupières
Et tendre leurs minois à la vive lumière,
Hors du fourreau moussu leur servant d’oreiller ?
Au soleil de midi, les frêles élégantes,
Epuisées de chaleur se voilent de leurs mantes
Soutachées de vertes rayures sémillantes,
Puis discrètement s’apprêtent à sommeiller.
Autour d’elles s’entonnent les gaies sarabandes
De multiples corolles tout aussi friandes.
Or les dames couchées dans les limbes attendent
Le lendemain, onze heures, pour se réveiller..
