Je n’étais plus qu’un point sur la page enneigée.
Le soleil se mirait en grimaces d’acier.
Le froid, allié au vent, torturait les bouleaux
Dont le bois craquait sous le fouet de la toundra.
Un capuchon de loutre enserrait mon visage
Dont la peau par la glace était anesthésiée,
Épaisse et vérolée, fumante de mes courses,
Où mes yeux larmoyants venaient se réfugier.
Je pourvoyais en peaux des comptoirs sibériens.
Loup, je traquais le loup l’hiver en solitaire.
Au printemps s’enfuyaient de mon chemin les chiens
À la vue de mes pas éclaboussant la boue.
L’ourson mort à mes pieds, je me tournais, trop tard !
La mère me saignait, je plantais mon poignard,
La bête me couchait, j’urinais d’agonie ;
De rouge je voyais la neige blanche, noire.
Poème écrit par
Bruno FortuneR
10-Aventure
1
extrait de "NEGRE BLEU"
(À lire en suivant la numérotation.)
Saga de 47 poèmes constituant un "voyage au travers des travers de l'homme à travers les âges"
voir rubrique "LIVRES"
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Tous droits réservés © Poème posté le 12/05/2017 par Bruno FortuneR
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