Papillon de nuit
Maintenant qu’est loin ton soleil,
Qu’il n’en est qu’un reflet de lune,
Sur mon corps frissonne l’éveil
De longs voyages d’infortune.
Ils me font glisser dans la nuit,
Basculer au creux de ses bras,
D’un saut nocturne d’insomnie
Quitter l’agrément de mes draps.
Et dans le grand miroir du vide
Réchauffant brusquement ton ombre,
Je sens que s'enferre livide
L’affolement de mon vol sombre,
Tel un papillon dans sa nuit,
Affligé soudain sans repère,
Qu’attire le feu, malgré lui,
D’une trop intense lumière.
