Variation
4
Dans la beauté de la jeunesse
Dont le soleil joue, et caresse
La joue en rayons mordorés,
Il était plus qu’abandonné,
Avait perdu le frissonné
Si doux des bons rêves laurés…
A cette tête d’ange sale,
Un cœur pur, ceint comme un pétale
Par de longs doigts, ne battait plus ;
Il émanait comme une brume,
Un air d’éternité posthume,
Tel qu’à ces poèmes trop lus.
Les yeux déjà tétés des mouches,
Il semblait, de ces sommeils louches
Où l’illusion ne parvient pas,
Le prisonnier définitif ;
Auprès du val poussait de l’if
En couronne autour du trépas ;
Ecrin de cette perle pâle
La nature monumentale
Regardait dormir son enfant,
Pleurant le soleil de ses gouttes
Sur les éternités dissoutes
Par la Camarde triomphant.
