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CIVILISATION


Dans le silence holocène
il avait l’œil attentif et glamour
le chasseur-cueilleur
On l'a tué
Sa paume avait le teint qui passe
et le vif du sujet
Dans les oliviers
se tenaient là
des semences
où l'intempérie des finances
avait pris la terre en otage



SÉCHERESSE


J'étais le torse nu
C'était l'heure où le soleil est cru
Je brisais des mottes
en écoutant les Stones
et traînais dans le jardin que je perfusais
La mère-au-foyer
de sa fenêtre
appelait
Je grimpais dans le noyer
De là
j'écoutais l'imparfait

Le ciel abécédaire
avait perdu son bleu de travail
L'ample éternité m' insupportait
La terre avait tout bu
La vigne
à quelques pas
se taillait les veines
En vain


L'eau n'avait plus d'habitudes


ULTRAVIOLETS


Le vent n'avait plus de choix
depuis que les cheminées fumaient
Les oiseaux ne se posaient plus
La terre était en grève
et les rêves
on les imprimait dans le sale animé des océans
Tu lisais des chroniques
à poil sur le sable
Et moi
dans les suffixes
imaginais
ce qu'est la toundra
Les marchands proposaient de la glace un peu fondue
Les enfants creusaient des puits sans fond
De la rive
on devinait les chèques en bois de l'infini
Le soleil était en guerre
Il avait décidé de nous quitter


SE SAUVER

Quand la brume était sale
on descendait le fleuve à contre courant
Des hommes
en chemisier nous regardaient passer
Les enfants nus courraient sur la rive
à contre courant
Je me souvenais
des rues que j'avais quittées
L'eau
n'avait pas la couleur des villes
On partait sans provisions
L'eau suffirait




© Poème posté le 11/02/2017 par Dynamot

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