Le cancre
Je lis la phrase d’un seul coup ;
Tout son sens, à ces sons m’arrive ;
C’est ainsi qu’aux mots je dérive
- Et va l’air au foc de mon sloop !
Ainsi, moi, je navigue à vue,
Je saisis tout par le contexte !
Et sous ma faute - où le con peste -
Des trésors sont, qu’un souffle embue…
L’orthographe, en n’y croyant pas,
M’a laissé, quel vaste loisir,
Tout l’espace d’horizons plats
… Puis, de la vague, on voit l’Ægir !
Et du bec, je pousse et je pioche,
Dans ces mots qui me sont du vent,
Tel l’oiseau, dont le trille croche
Tout l’azur du ciel en rêvant.
