Pastiche ronsardien de saison
6
D’après le poème de Ronsard
Donne moy tes presens
Ben c’est pas du gâteau….
Ben c’est pas du gâteau que d’se taper l’hiver
I’fait nuit tout le temps, franchement c’est pas l’rêve,
Faut quand mêm’ se lever malgré qu’on a la crève,
Pas moyen d’fermer l’oeil, ça met tout de travers.
On en viendrait presque à préférer le transfert
De la vie au trépas pour que l’cauch’mar s’achève,
Ce s’rait le bon moment pour signer une trêve,
Et s’réveiller ailleurs, bien gaillard et tout vert.
Pourquoi donc on peut pas, comme loir ou marmotte,
Roupiller tout son saoul au chaud d’une bouillotte,
Au lieu de se bourrer de drogues et médocs
Ces sirops qu’on avale en rêvant que ça cesse,
Empêchent de dormir, faut tout jeter en bloc,
C ’est que du placebo qui tient pas sa promesse.
Donne moy tes presens
Ben c’est pas du gâteau….
Ben c’est pas du gâteau que d’se taper l’hiver
I’fait nuit tout le temps, franchement c’est pas l’rêve,
Faut quand mêm’ se lever malgré qu’on a la crève,
Pas moyen d’fermer l’oeil, ça met tout de travers.
On en viendrait presque à préférer le transfert
De la vie au trépas pour que l’cauch’mar s’achève,
Ce s’rait le bon moment pour signer une trêve,
Et s’réveiller ailleurs, bien gaillard et tout vert.
Pourquoi donc on peut pas, comme loir ou marmotte,
Roupiller tout son saoul au chaud d’une bouillotte,
Au lieu de se bourrer de drogues et médocs
Ces sirops qu’on avale en rêvant que ça cesse,
Empêchent de dormir, faut tout jeter en bloc,
C ’est que du placebo qui tient pas sa promesse.
Donne moy tes presens
Donne moy tes presens en ces jours que la Brume
Fait les plus courts de l'an, ou de ton rameau teint
Dans le ruisseau d'Oubly dessus mon front espreint,
Endor mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume.
Misericorde ô Dieu, ô Dieu ne me consume
A faulte de dormir, plustost sois-je contreint
De me voir par la peste ou par la fievre esteint,
Qui mon sang deseché dans mes veines allume.
Heureux, cent fois heureux animaux qui dormez
Demy an en voz trous, soubs la terre enfermez,
Sans manger du pavot qui tous les sens assomme :
J'en ay mangé, j'ay beu de son just oublieux
En salade cuit, cru, et toutesfois le somme
Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.
Pierre de Ronsard (1524-1585)
Recueil : Derniers vers (1586).
Donne moy tes presens en ces jours que la Brume
Fait les plus courts de l'an, ou de ton rameau teint
Dans le ruisseau d'Oubly dessus mon front espreint,
Endor mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume.
Misericorde ô Dieu, ô Dieu ne me consume
A faulte de dormir, plustost sois-je contreint
De me voir par la peste ou par la fievre esteint,
Qui mon sang deseché dans mes veines allume.
Heureux, cent fois heureux animaux qui dormez
Demy an en voz trous, soubs la terre enfermez,
Sans manger du pavot qui tous les sens assomme :
J'en ay mangé, j'ay beu de son just oublieux
En salade cuit, cru, et toutesfois le somme
Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.
Pierre de Ronsard (1524-1585)
Recueil : Derniers vers (1586).
