Allégeance à la muse Poésie (glose)
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Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
J’ai connu près de lui l’harmonie de beaux jours
Mais il me laisse en proie à fatigue soudaine.
Peu importe où il va dans le temps divisé,
S’il vaque à autre chose, ailleurs va deviser,
Toujours sa liberté restera souveraine !
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler,
Alors que je n’ai plus grand-chose à révéler
Tant le manque d’idées mon atonie entraîne.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et se tait, affectée d'un malin trauma,
Comme une enfant transie sous la pluie diluvienne.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse,
Ma plume est aux arrêts. Mais je reste liseuse
Bien qu’on y évoque trop souvent la géhenne.
A son insu, ma solitude est son trésor,
L’occasion de voir que d’autres son support
Utilisent aux fins de la gent écrivaine.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor
Il voudrait m’oublier mais je m’accroche encor
Ma liberté le creuse.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler,
Alors que je n’ai plus rien à lui révéler
Tant le manque d’idées mon atonie entraîne,
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima,
Tant de fois de fidèles poèmes rima..
La nuit, parfois, mon étoile rejoint la sienne
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !
Peut-être la voit-il, où qu’il soit, tout là-bas,
Il me plaît d’espérer qu’un jour il me revienne.
J’ai connu près de lui l’harmonie de beaux jours
Mais il me laisse en proie à fatigue soudaine.
Peu importe où il va dans le temps divisé,
S’il vaque à autre chose, ailleurs va deviser,
Toujours sa liberté restera souveraine !
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler,
Alors que je n’ai plus grand-chose à révéler
Tant le manque d’idées mon atonie entraîne.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et se tait, affectée d'un malin trauma,
Comme une enfant transie sous la pluie diluvienne.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse,
Ma plume est aux arrêts. Mais je reste liseuse
Bien qu’on y évoque trop souvent la géhenne.
A son insu, ma solitude est son trésor,
L’occasion de voir que d’autres son support
Utilisent aux fins de la gent écrivaine.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor
Il voudrait m’oublier mais je m’accroche encor
Ma liberté le creuse.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler,
Alors que je n’ai plus rien à lui révéler
Tant le manque d’idées mon atonie entraîne,
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima,
Tant de fois de fidèles poèmes rima..
La nuit, parfois, mon étoile rejoint la sienne
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !
Peut-être la voit-il, où qu’il soit, tout là-bas,
Il me plaît d’espérer qu’un jour il me revienne.
Glose d’après le poème « Allégeance » de René Char
Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui au juste l'aima
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
ma liberté le creuse....
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima
et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas
Extraits
"Eloge d'une soupçonnée » Poésie Gallimard
Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui au juste l'aima
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
ma liberté le creuse....
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima
et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas
Extraits
"Eloge d'une soupçonnée » Poésie Gallimard
