Vivant !
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Je sais l’orbe ombre et les douleurs du noir ;
Du gai matin les agapes cosmiques,
Joie au grand rien des cénacles cliniques ;
Je sais le sang, je sais l’âpre mouvoir.
Je suis vivant ! Je crée, ivre, et je danse ;
Puis, je suis mort, tout le reste du temps.
Sage néant aux étales étangs,
Etes-vous tant de fiel que tant de chance ?
Haineuse absence, et grand calme olympien ;
D’un vain repos gît l’impure matière ;
Gouffre des ans grouillant encor, derrière,
De dix mille ans - de dix mille éons - Rien !
Fleurs de la vie, aux haleines si brèves,
Vos feux font des couleurs désespérées ;
Pauvre amoureux, tu les auras serrées,
Tes émotions, d’irrémédiables rêves…
