Quand Manon se ressource....
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Manon, garçon manqué, se vêtit tel un homme
Car à bord on n’avait que des êtres virils
Sachant s’accommoder des nautiques périls
Et supporter, sans mal, tout pouvoir sur leur pomme.
Personne ne vit qu’elle était une fille
Quand le beau capitaine inspecta l’effectif.
Dans ce monde corsaire à l’éveil préventif
On surveille toujours l’œil surpris qui sourcille.
Ainsi put s’embarquer Manon sur la frégate
Un bateau de trois mâts prévu comme escorteur.
Elle avait raccourci, d’après un rapporteur,
Ses cheveux sans regret, la faisant renégate.
Reniant sa nature, au prix d’une finesse,
Elle fut soulagée à son corps défendant
De quitter cette vie où son cœur attendant
Préférait l’aventure à sa triste jeunesse.
Elle fut malmenée aux bosses de la houle
Et vidait chaque jour son fiel par-dessus bord.
Mais rien ne laissa voir qu’elle était dans le tord,
Qu’elle avait bien trompé cette virile foule.
Et lorsque le trajet conduisit à l’escale,
Tout le monde en taverne alla boire son coup,
Tandis qu’au quai du port on faisait du radoub
Pour rendre la santé au tissu de la cale.
Au retour la tempête avec force rafale
Obligea l’équipage à se serrer au corps.
Et c’est là que l’on vit le si beau justaucorps
Révéler quelque forme étrangère à tout mâle.
Le chahut fut dompté par le beau capitaine
Qui mit Manon au sec, dans son cockpit désert.
Après l’intempérie il se fit si disert
Que Manon repentie admit la prétentaine.
Car à bord on n’avait que des êtres virils
Sachant s’accommoder des nautiques périls
Et supporter, sans mal, tout pouvoir sur leur pomme.
Personne ne vit qu’elle était une fille
Quand le beau capitaine inspecta l’effectif.
Dans ce monde corsaire à l’éveil préventif
On surveille toujours l’œil surpris qui sourcille.
Ainsi put s’embarquer Manon sur la frégate
Un bateau de trois mâts prévu comme escorteur.
Elle avait raccourci, d’après un rapporteur,
Ses cheveux sans regret, la faisant renégate.
Reniant sa nature, au prix d’une finesse,
Elle fut soulagée à son corps défendant
De quitter cette vie où son cœur attendant
Préférait l’aventure à sa triste jeunesse.
Elle fut malmenée aux bosses de la houle
Et vidait chaque jour son fiel par-dessus bord.
Mais rien ne laissa voir qu’elle était dans le tord,
Qu’elle avait bien trompé cette virile foule.
Et lorsque le trajet conduisit à l’escale,
Tout le monde en taverne alla boire son coup,
Tandis qu’au quai du port on faisait du radoub
Pour rendre la santé au tissu de la cale.
Au retour la tempête avec force rafale
Obligea l’équipage à se serrer au corps.
Et c’est là que l’on vit le si beau justaucorps
Révéler quelque forme étrangère à tout mâle.
Le chahut fut dompté par le beau capitaine
Qui mit Manon au sec, dans son cockpit désert.
Après l’intempérie il se fit si disert
Que Manon repentie admit la prétentaine.
