Jusque tard dans la nuit
J’ai lu tes poèmes
Ils m’ont bouleversé
J’en ai pleuré
Sa vie est une chute
Ni libre ni imposée
Juste assujettie
À une abyssale mélancolie
Une vie entre rage et survie
Presque immobile
Toujours dépressive
Elle écrit
Là
Au cœur d'un cerisier en pleure
Coincée entre les tordeuses orientales
Et les mineuses de feuilles
Son unique coin de paradis
Est le sourire de ses vers
La seule branche la reliant à la cime
Pour se nourrir
Sont ses mots qui creusent des galeries
Dans l'écorce du temps
Serais-je le seul à l’apercevoir
Encrée à ce dédale
Lorsque la nuit de ses paupières
Il neige des milliers d'étoiles
Lorsque le jour de ses yeux
Il coule des rivières de pétales
L'amour a son apothéose
La mélancolie a la sienne
Détruisons l’étoile mortelle
Greffons la sève amoureuse
Et l’euphorie chantera à nouveau
L’hymne à la joie
Tes yeux cesseront de porter le deuil
Tu lui offriras tes seins
Et le cerisier ses fruits rouges
