Ô chère Damoiselle
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Dites moi, Marie Jeanne
Pourquoi dans le silence ancrer votre réponse,
Excitant tous mes sens qui s'éveillent la nuit ?
Dès que je vous écris, jamais de phrase absconse,
Voyez qu'en ces vains cris mon être ne reluit !
Avez-vous eu, plus tôt, pareil correspondant
Qui vous fasse discours avec tant d’ascendant ?
Que la Muse Érato transcende ici ma flamme
Et me porte secours aussitôt que je clame !
Écrivez en bafouille un petit pli signé,
Un mot bref qui vous mouille et me donne du zèle.
Ce serait mon bonheur. N'étant plus résigné
Je choierais votre cœur, Ô douce Damoiselle !
Cependant si mon style ennuyait votre esprit
Rangez tout au placard où l’on met le proscrit.
J’irai vivre en exil, en sombrant dans l’abîme,
Loin de votre regard, pour chercher d’autre rime.
J’attendrai cependant jusqu’à plus de remord
Pour qu’enfin, repentant, tout soudain je m’accuse
De ne pas avoir su transformer votre abord,
Ruiner, à votre insu, ce talent qui récuse.
Pourquoi dans le silence ancrer votre réponse,
Excitant tous mes sens qui s'éveillent la nuit ?
Dès que je vous écris, jamais de phrase absconse,
Voyez qu'en ces vains cris mon être ne reluit !
Avez-vous eu, plus tôt, pareil correspondant
Qui vous fasse discours avec tant d’ascendant ?
Que la Muse Érato transcende ici ma flamme
Et me porte secours aussitôt que je clame !
Écrivez en bafouille un petit pli signé,
Un mot bref qui vous mouille et me donne du zèle.
Ce serait mon bonheur. N'étant plus résigné
Je choierais votre cœur, Ô douce Damoiselle !
Cependant si mon style ennuyait votre esprit
Rangez tout au placard où l’on met le proscrit.
J’irai vivre en exil, en sombrant dans l’abîme,
Loin de votre regard, pour chercher d’autre rime.
J’attendrai cependant jusqu’à plus de remord
Pour qu’enfin, repentant, tout soudain je m’accuse
De ne pas avoir su transformer votre abord,
Ruiner, à votre insu, ce talent qui récuse.
