Le paradis
3
Être dans ce jardin à sentir l'interdit
Me procure un espoir où les amours sont rois,
Où la peur n'y est plus, la haine n'y est pas.
Ô, mon éden à moi, c'est ce doux paradis...
Des arbres éternels me nourrissant en fruit,
Un soleil bienveillant qui réchauffe mon cœur;
Une lune rêveuse enivrant mon esprit,
Ma cocagne d'amour, mon verger de bonheur.
Quand viendra mon trépas, ô toi! Je t'attendrai
Là-haut dans mon éden, mon paradis doré.
Là, il n'y aura pas de saint ni de martyr...
Mais, plutôt des humains contents et bien heureux
À rire, à s'amuser, prêts à se divertir
Dans un voluptueux cénacle d'amoureux.
*
Ô, dans ma douce enfance, enjôlée comme un âne,
On m'a tôt enseigné un paradis céleste
D'une éternité longue et sans corps; seule une âme
Pieuse et invisible, errant un ciel modeste.
Aurai-je été heureux dans ce lieu solennel,
Dans cet éther sans goût, sans vision et sans voix?
Serai-je un bienheureux dans ce gouffre éternel
À repasser le temps et à t'attendre? Ô toi !
Quand viendra ton trépas, ô! Je t'inviterai
Là-haut où tu viendras dans mon chez-moi doré,
Des bougies sur la table éclairée pour toujours.
On boira du bon vin, du bon vin florentin;
On mangera des fruits; les fruits de nos amours
Et l'on s'enlacera jusqu'au petit matin.
(Double sonnet en alexandrin)
Me procure un espoir où les amours sont rois,
Où la peur n'y est plus, la haine n'y est pas.
Ô, mon éden à moi, c'est ce doux paradis...
Des arbres éternels me nourrissant en fruit,
Un soleil bienveillant qui réchauffe mon cœur;
Une lune rêveuse enivrant mon esprit,
Ma cocagne d'amour, mon verger de bonheur.
Quand viendra mon trépas, ô toi! Je t'attendrai
Là-haut dans mon éden, mon paradis doré.
Là, il n'y aura pas de saint ni de martyr...
Mais, plutôt des humains contents et bien heureux
À rire, à s'amuser, prêts à se divertir
Dans un voluptueux cénacle d'amoureux.
*
Ô, dans ma douce enfance, enjôlée comme un âne,
On m'a tôt enseigné un paradis céleste
D'une éternité longue et sans corps; seule une âme
Pieuse et invisible, errant un ciel modeste.
Aurai-je été heureux dans ce lieu solennel,
Dans cet éther sans goût, sans vision et sans voix?
Serai-je un bienheureux dans ce gouffre éternel
À repasser le temps et à t'attendre? Ô toi !
Quand viendra ton trépas, ô! Je t'inviterai
Là-haut où tu viendras dans mon chez-moi doré,
Des bougies sur la table éclairée pour toujours.
On boira du bon vin, du bon vin florentin;
On mangera des fruits; les fruits de nos amours
Et l'on s'enlacera jusqu'au petit matin.
(Double sonnet en alexandrin)
Claude Lachapelle / juin 2016
