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Les mains de mon père.
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Les larges mains de mon père,
Fortes d’avoir pétri le pain.
Modeleur de vivants levains,
Pour les rapins, les rupins.
Penché au-dessus du pétrin
Avec de graves et profonds ahan
il retourne la pâte rebelle.
Pour une nourriture Essentielle,
Lourde de suées de travail :
Le blé qui murit lentement
Le vent, la pluie, la crainte du laboureur
De ne pas voir lever la céréale,
Victime de météos exécrables,
Espérance des pauvres gens,
En totale déficience d’argent.

Ceint d’une ceinture de flanelle.
Comme un danseur de gavotte.
Torse nu semblable au lutteur
Qui empoigne la vie la mort.

Il enlace la pâte dans ses bras,
La soulève, la retourne,
La frappe, la fustige,
Comme un masseur avec un athlète.
Avec ses paumes, avec ses poings.
Avec de la force avec de l’appoint
La pâte devient vivante
Elle se gonfle, souffle, respire.


Le combat, la lutte achevés,
Il laisse reposer le levain.
le couve des plus grands soins,
Comme un enfant qu’on chérit.

Puis
Son œuvre accomplie.
Dans sa main un brandon éteint,
IL dessine un beau dessin.
Une esquisse noire sur le bois
Pour distraire le petit enfant
Eberlué d’un tel talent.

Les larges mains de mon père,
Douces et caressantes,
Blanches de farine fine,
Sont mes refuges
Quand la mélancolie me taquine.

© Poème posté le 11/04/2016 par Ray78

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