Bonne fille
3
Bonne fille
Les émotions me dévorent ;
J’aime embraser l’émotion !
Les dieux, que les dévots dorent,
Ont le temps ! Mais attention,
A l’art impossible astreint,
La sensibilité grise
En cent cibles se déguise :
Qui plus aime, mieux étreint !
Et crescendo je dévale
La pente abrupte des peurs,
Emballé sur la cavale
De l’acmé fou des stupeurs !
Tout sens me serre au collet,
Partout il m’est joie ou rage !
… Un perpétuel naufrage
Dans des cris de feu follet !
Les intensités atteintes,
Quand tout n’est que monts et pics,
A chacune des étreintes
Avec nos vicieux aspics,
M’usent comme un laminoir ;
C’est connu, la muse mine,
Garce ! Belle muezzine,
Sous le loup d’un minois noir,
Toi derrière qui tout bée,
Galbée, osseuse à souhait,
Qui mérites un dur fouet :
La Fin - qu’on a dit bouée !
