Promenade à l'infini
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Quelles sont ces voix en chuchotis
Sous les ombres étirées au soleil de midi
Les foins sont coupés
La Terre s'assoupit
Et Booz s'est endormi
Sous les pieds du marcheur les brindilles craquèlent
La scène a des frissons au passage d'une aile
On se voudrait Monet peignant sous la tonnelle
Un papillon léger à robe grenadine
À l'heure où les bâteaux se fantoment en bruine
Oubliées les consonnes, il reste les voyelles
Aux couleurs de Rimbaud-ou était-ce Verlaine?-
Pour une histoire intemporelle
Dans l'eau vaguement bleue de la claire fontaine
La rivière ce soir sent le cassis sauvage
Je rêve à des pays où les cactus fleurissent
À des cités voilées où, subtile, se glisse
La poussière poudrée des fins d'été volages
DMB 26/09/2015
