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Poème écrit par Ange

Frénétiquement

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Il ne peuvent comprendre.
Leur orgueil,
Leur peur d'être
des naufragés sur des berges de vie sauvages et imparfaites
d'être en marge des clichés si chers à leur cœur
ces modèles qu'ils vénèrent à travers leur petit écran télévisuel
qu'ils donnent plus de valeur à un vieux mur de briques
plutôt qu'à la vie
qu'à ces grands frênes, sycomores, if
refuges des oiseaux dont les chants se glissent si mélodieusement dans les interstices du vacarme urbain
abris des écureuils pour un instant fugace
d'une multitude d'insectes si précieux à la faune

Chers arbres
si généreux pourtant
pointant la lumière de vos branches étendues
offrant de l'ombre sous le soleil
de la fraicheur en été
et ce frissonnement magnifique du vent qui effleure votre beau feuillage
cette douce verdure qui se découpe sur le bleu ou le gris du ciel
qui s'abandonne à un feu d'artifice de couleurs ocres en automne
et donne à la pluie une tonalité apaisante
vous me manquez déjà

Eux ils vous voient comme un obstacle
Une chose qu'on peut amputer sans vergogne puisqu'ils n'entendent ni vos cris ni votre chant mélodieux
Ni ne perçoivent votre beauté
ni votre grandeur

La nature est une voie que n'entendent que les personnes vivantes et bienveillantes
pour les autres elle n'est que parure utile ou inutile , interchangeable
et sans vie, sans importance...

Demain je devrai vous abattre
Parce qu'un vieux mur de brique
Vous avez tordu et que nos voisins
gonflés d'une morgue enrichie de mauvaise foi
aiment les lignes droites et les mensonges
l'herbe verte et les jardins carrés
qu'ils rejettent les solutions qui vous préserveraient
car ils restent aveugles à la vie que vous abritez
ne connaissent même pas vos noms

Adieu et mille mercis chers généreux
de ces bonheurs simples et si doux que vous nous avez offert
Adieu aussi à tout cet argent que nous avons engagé pour vous offrir 5 années de plus
Nous avons fait au mieux pour vous accorder un sursis et tenter d'obtenir un peu de respect
Nous avons échouer sur ce point mais peu importe car le temps qu'on a gagné ne sera jamais perdu
Je vous aime

Après mes chats dont vous avez été le jouet facile et joyeux
Mes arbustes, rosiers et autres plantes empoisonnées par la stupidité humaine
c'est votre tour de mourir
et avec vous les nids et l'ensemble de la faune dont vous étiez le refuge

Mais nous sommes fiers d'avoir pu vous donner ces cinq années supplémentaires
Et laisser à ce quartier quelques vieux et grands végétaux si charmants et si chers pourtant aux prospectus des agents immobiliers et des banlieues les plus riches et bourgeoises , comme quoi ...

Pardon de n'avoir pu faire mieux

Tous droits réservés © Poème posté le 04/07/2015 par Ange

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