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Sans titre

Se baisserait-on ramasser les ténèbres qui gisent au sol ?
Les morts le font. Ils les recueillent ; comme des pommes,
Petites et dures.

L’intempérie les a arrachées avant l’heure.
Elle fut longue et rude leçon.
Mon verger est dévasté. Tout à déjà commencé à mourir.
Ni racine ni feuille, Mon corps, cette souche démembrée.

Glace brûlante. Terre, limaille de fer jusqu’au cœur :
Mes frères reposent sous la croûte, ma rage s’est arrêtée à un mètre de leurs fronts.

Veulent-ils que je parle ?
Mais que dirais-je sur mon propre suicide ?
Je n’ai aucun rôle. C’est seulement la blessure qui m’offre son cratère.
Le lieu se remplissant d’un vain capiteux.

… Mon verger …
… L’Intérieur …

La fissure entre ses vantaux a éclaté, précipitamment, et maintenant, se répand d’attendre.
Nous avons mal.
Les ongles et la peau dégagent une odeur périmée de couche rectale.
Il y aura du fumier.

Bientôt.
C'est bien.



Cadavre, une île sur la mer de vin.


© Poème posté le 02/07/2015 par Pampelune

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