La sirène
3
Dans un rond de fumée, j’ai vu une sirène,
Fille de l’océan, mouillée, près d’un rocher,
La lyre entre les doigts, d’une beauté de reine,
Lancer l’appel charmeur dès le soleil couché.
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Sa longue chevelure, éparse dans les flots,
Jette des rayons d'or sur la mer écumante
Qui porte à l’infini, au cœur des matelots,
Le message d’amour d’une voix captivante.
Ah !...
Son corsage échancré dévoile des trésors,
Trop souvent enfouis par des brasses de fond ;
Sa queue est constellée d’écailles du Grand Nord
Venues des noirs espaces... dans l’enfer d’un typhon.
Ah !...
Sa voix mélodieuse se répand dans les airs ;
Dans le lointain un phare, indistinct dans la brume,
Diffuse, en tâtonnant, une ombre de lumière,
Comme un falot fragile posé sur une enclume.
Ah !...
Navigateur perdu dans des confins sans nom,
Entendras-tu la voix, plaintive dans le soir,
Qui pleure la solitude d’une femme-poisson
Enchaînée dans les rets d’un profond désespoir ?
Ah !...
Réponds à la sirène, au feu universel
Qui embrase les cœurs, de la fleur à l’oiseau !
Rame, rame sans faiblir dans ta frêle nacelle !
Fais-la fondre d’amour... au beau milieu des flots !
Ah !...
Dans un rond de fumée, j’ai vu...
Amour, éthique et fantaisie
(La Pensée Universelle, 1994)
Fille de l’océan, mouillée, près d’un rocher,
La lyre entre les doigts, d’une beauté de reine,
Lancer l’appel charmeur dès le soleil couché.
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Sa longue chevelure, éparse dans les flots,
Jette des rayons d'or sur la mer écumante
Qui porte à l’infini, au cœur des matelots,
Le message d’amour d’une voix captivante.
Ah !...
Son corsage échancré dévoile des trésors,
Trop souvent enfouis par des brasses de fond ;
Sa queue est constellée d’écailles du Grand Nord
Venues des noirs espaces... dans l’enfer d’un typhon.
Ah !...
Sa voix mélodieuse se répand dans les airs ;
Dans le lointain un phare, indistinct dans la brume,
Diffuse, en tâtonnant, une ombre de lumière,
Comme un falot fragile posé sur une enclume.
Ah !...
Navigateur perdu dans des confins sans nom,
Entendras-tu la voix, plaintive dans le soir,
Qui pleure la solitude d’une femme-poisson
Enchaînée dans les rets d’un profond désespoir ?
Ah !...
Réponds à la sirène, au feu universel
Qui embrase les cœurs, de la fleur à l’oiseau !
Rame, rame sans faiblir dans ta frêle nacelle !
Fais-la fondre d’amour... au beau milieu des flots !
Ah !...
Dans un rond de fumée, j’ai vu...
Amour, éthique et fantaisie
(La Pensée Universelle, 1994)
