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La lisière du temps


Si j’étais cette lisière profonde du bois
Aux senteurs reverdies de l’automne
Si ces larmes du soir glissaient aussi
Sur la brume d’une douce caresse

Si le vent murmurait l’air des temps
Aux violons si gris des senteurs d’été
Si gémissant encore des sueurs du soir
L’air de cet antre nous chantait l’espoir

Si du midi le souffle de ton cœur
M’offrait cet air aux sons des cors
Si ce ciel ne riait que d’éclats de soleil
Aux matins émus de ton corps aimé

Si venant d’une chambre rose d’envie
Tu perlais aux mains de mon cœur
Si brillant encore des feux de la nuit
Tu frémissais d’un éternel diamant

Et si je venais à quitter ces lignes noires
Attristées de ne plus y trouver rimes
Et si la page du matin vers la nuit
Se taisait et livide me regardait alors

Alors les mots qui volent aux cœurs
Tinteraient mille nouvelles symphonies
Alors ma Muse encore je reviendrais
Emu comme jadis d’un regard tremblant

Car bien plus tard une caresse du vent
Emporterait tous ces vils désordres
Et d’un doigt le piano s’émerveillerait
D’une émeraude sous l’ivoire noire

Et filent les heures et filent les jours
Nous confierions aux senteurs d’hiver
Les nouvelles saisons de nos corps
Pour à jamais si fort y puiser la Vie





© Poème posté le 14/02/2015 par Thierrycl

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