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Poème écrit par Cielbleu

Banc public

Je suis un banc, un banc public
Un banc de rue et de jardin
Et j’offre, de bois ou métallique
Une assise pour les humains

Et tout au long de ces années
J’en ai subi des postérieurs
Des gros, des lourds, des fatigués
Des petits, mignons et rieurs

Des vieux tout secs et décharnés
Des jeunes tout ronds, plutôt joueurs
Des beaux de rêve qu’on aime toucher
Des mal foutus, tout en largeur

Des rebondis et bien galbés
Des plats, osseux et en longueur
Des souffreteux bien dépités
Et puis des sportifs ravageurs

Mais aussi des mal élevés
D’où émanent quelques odeurs
Et quelques sons mal contrôlés
Laisser aller de leurs auteurs

Et y a encore les mal lavés
Ceux tout fripés plein de rougeurs
Ne parlons pas des obsédés
Des p’tits coquins et des farceurs

Je suis un banc, un banc public
Voyez un peu la vie que j’mène
Obligé de rester stoïque
Mais tous ces culs, ben je les aime.


Gérard Bollon-Maso

Tous droits réservés © Poème posté le 04/08/2014 par Cielbleu

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