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Poème écrit par Salus

Le corbeau





Le corbeau




Je vois, je crois, des présages sinistres ;
Dans le ciel triste, au long du vol de l’oie,
A l’immolé, dont j’ausculte le foie,
Je vois des croix grouiller de larves bistres !
L’horrible joie ! Et des joueurs de sistre !

Hanté, c’est suinter la mort que j’entends
Au vaste chant disparu des baleines !
Dans les cris absents de millions d’haleines,
A l’attitude et la forme des temps,
J’entends mourir et mourir tant et tant !

Car je sais la face énorme des nues,
J’ai démêlé l’écheveau des nuages,
Puis consulté les pierres et les mages ;
Les signes sont clairs, elle sont venues,
Les larmes, la Norne ou la Moire nue !

Le vent me parle ! Une braise m’a lui…
J’ai lu, là dans l’orbe ancien de la lune,
Que la Nature est morte, et n’était qu’une !
Dieu, c’était Elle ! - infiniment nul : Lui !
La fileuse use, et rien derrière l’huis !

Elle a brûlé ! la maison de nos pères ;
Dehors, il n’est que l’horreur et le vide ;
J’augure d’un innommable suicide ;
Perdus et nus, dans la nuit, sans repères,
Broyant Gaïa, notre mur, notre Mère !

La mort ! Moi, les mystères, les secrets,
Je les ai sus des lèvres des cadavres !
Et si les chairs des gens me sont des havres,
Je crève aussi leurs regards indiscrets !
Et mon oracle aura tout du décret…

Tous droits réservés © Poème posté le 18/06/2014 par Salus

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