Je suis une syllabe… si lentement soufflée,
Qu’il semble raisonnable d’y faire résonner,
Tous mes soupirs d’envie glissés sous perfusion,
Le long de ma déveine, l’onde fait illusion.
Vibrent à corps perdus quelques accords ténus…
Des horizons lointains, des eaux tombées des nues,
Qu’une seule pression sur le pré sillonné,
De ma langue blottie lentement bâillonnée,
Suffit à inonder…sur nos cris suffoqués.
Je me plais à éclore au creux de ton écrin,
Et chuchoter encor les encres disloquées,
Qui d’un fil harmonique affinent nos quatrains.
Et puis dans la pénombre s’en remettre à peine,
Arrimer à ta peau la rime souveraine,
Et se laisser happer par tes effets de hanche,
Ranimées sous mes mains, rappelées sur les planches...
