Si le grain ne meurt...
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Dédaignant la vieille peau
Tendue sur sa coque usée,
Le grain s'éparpille
Et l'insouciance le suit
Par un sentier d'Eole
Où ne pourra monter
La voile rapiécée
D'un coeur abusé
par des vents trop ardents.
Ainsi s'enfuit le grain,
L'alléchante ivraie
Qui brillait, triomphante,
A la table des dieux
Y graissant chaque dent,
Etreignant maint soupir
D'un sonnet plus haut
Qui faisait retentir
La jeunesse et les rires
D'un écho d'éternité
Mais l'hiver aussi
Est ardent laboureur
Et trace des sillons profonds
Que la poudre aux yeux n'efface
Et si le grain ne meurt
Un jour il nous échappe
Abandonne sans merci
La poche à sang vidée
De ce vieux cuir séché
Pour de plus tendres vallées
Tendue sur sa coque usée,
Le grain s'éparpille
Et l'insouciance le suit
Par un sentier d'Eole
Où ne pourra monter
La voile rapiécée
D'un coeur abusé
par des vents trop ardents.
Ainsi s'enfuit le grain,
L'alléchante ivraie
Qui brillait, triomphante,
A la table des dieux
Y graissant chaque dent,
Etreignant maint soupir
D'un sonnet plus haut
Qui faisait retentir
La jeunesse et les rires
D'un écho d'éternité
Mais l'hiver aussi
Est ardent laboureur
Et trace des sillons profonds
Que la poudre aux yeux n'efface
Et si le grain ne meurt
Un jour il nous échappe
Abandonne sans merci
La poche à sang vidée
De ce vieux cuir séché
Pour de plus tendres vallées
