Couleurs !
1
Tout est paumé de ce trip d’oubli. Voici les couleurs !
Féminités extravagantes s’envident ;
De prusse et de prune, couloir de lune,
Et bobines.
Elles donnent du son au dessin du monde. Tonnent
D’ambre et pourpre, un doigt bagué de soufre ;
Mangues ouvertes telles des cuisses et odorantes.
Sel et sens courent sur les yeux
Effarés,
Les crânes, les summums.
Et chromes et garances, une mer de réglisse !
Elles tendent des épices aux regards qui baissent avec brunante ;
Et dévalent du vent jusqu’au branches des mains,
Elles rendent les visag’s neufs et reconnaissables, tous ;
Comm’ Vincent inventant
Les étoiles,
Les blés,
Le soleil infaillible.
De sable, d’or, une voûte d’héliotrope.
Elles se souviennent d’Adam bâtissant sa cabane.
Les portes les fenêtres et le seuil, et le toit ;
Mais rien ne l’habitait. Les murs-porteurs étaient,
Mais leurs veines non.
Il fallait
Un auvent
Brique,
Fauve,
Perle.
Il fallait la joie. Car émeraudes, turquoises, oreilles chartreuses
Vibraient.
Elles amènent laque carminée aux sources sans fonds du désir. Puits,
Prennent saveur ; les joues, les lèvres, les dents.
Elles envahissent la plage, ses graviers nus, son calme.
Son azur tourne miel et safran et lorsque les pommes
Bleuissent tels des oranges,
L’on n’ose en croquer
L’océan.
Mauve est jade et jachère délassée.
Lavande quant à elle, indifférente, ramasse ses ailes ardoise ; vole
L’absinthe
Et le tilleul…
L’herbe rouille.
L’air, le nuage est vermeil est topaze est corail.
Il y a ces envols de cobalt aussi, par la côte,
D’anis,
Quand le ciel pose ses tourments sur la poitrine mer.
Il y a la lumière
Viride,
Et la pent’ véronèse
Qui se partagent rose, cassis ou cramoisi, la framboise d’un sein
Affleuré.
Elles mordent et le fruit
Au vent
Espérance,
Disperse
Ses pigments beurrant les forêts
Des sibylles.
Cinabre, pistache, les bouches sont magenta.
Coquelicots, orchidées, dahlias, pas une me manquent !
Au jour elles se déploient ; leurs parfums éclatent les narines.
Violines et cardinal viennent et se placent.
Tout a passé des paupières d’aurore à l’épaule du soir.
Féminités extravagantes s’envident ;
De prusse et de prune, couloir de lune,
Et bobines.
Elles donnent du son au dessin du monde. Tonnent
D’ambre et pourpre, un doigt bagué de soufre ;
Mangues ouvertes telles des cuisses et odorantes.
Sel et sens courent sur les yeux
Effarés,
Les crânes, les summums.
Et chromes et garances, une mer de réglisse !
Elles tendent des épices aux regards qui baissent avec brunante ;
Et dévalent du vent jusqu’au branches des mains,
Elles rendent les visag’s neufs et reconnaissables, tous ;
Comm’ Vincent inventant
Les étoiles,
Les blés,
Le soleil infaillible.
De sable, d’or, une voûte d’héliotrope.
Elles se souviennent d’Adam bâtissant sa cabane.
Les portes les fenêtres et le seuil, et le toit ;
Mais rien ne l’habitait. Les murs-porteurs étaient,
Mais leurs veines non.
Il fallait
Un auvent
Brique,
Fauve,
Perle.
Il fallait la joie. Car émeraudes, turquoises, oreilles chartreuses
Vibraient.
Elles amènent laque carminée aux sources sans fonds du désir. Puits,
Prennent saveur ; les joues, les lèvres, les dents.
Elles envahissent la plage, ses graviers nus, son calme.
Son azur tourne miel et safran et lorsque les pommes
Bleuissent tels des oranges,
L’on n’ose en croquer
L’océan.
Mauve est jade et jachère délassée.
Lavande quant à elle, indifférente, ramasse ses ailes ardoise ; vole
L’absinthe
Et le tilleul…
L’herbe rouille.
L’air, le nuage est vermeil est topaze est corail.
Il y a ces envols de cobalt aussi, par la côte,
D’anis,
Quand le ciel pose ses tourments sur la poitrine mer.
Il y a la lumière
Viride,
Et la pent’ véronèse
Qui se partagent rose, cassis ou cramoisi, la framboise d’un sein
Affleuré.
Elles mordent et le fruit
Au vent
Espérance,
Disperse
Ses pigments beurrant les forêts
Des sibylles.
Cinabre, pistache, les bouches sont magenta.
Coquelicots, orchidées, dahlias, pas une me manquent !
Au jour elles se déploient ; leurs parfums éclatent les narines.
Violines et cardinal viennent et se placent.
Tout a passé des paupières d’aurore à l’épaule du soir.
Inspiré d'Alain Duault.
