Parmi les amours torrides
relatées dans les anciens
almanachs il m’en souvient
d’une exilée en Tauride.
La déesse avec ses chiens
sur la presqu’île maraude
tant nuitamment la taraudent
les beaux appas circassiens.
Mais son cœur ce soir se brise
(car lassé du sang versé
des animaux dépecés)
quand sa proie va être prise…
Sous les sombres frondaisons
s’étreignent deux corps qu’éclaire
un mince croissant lunaire
qui se lève à l’horizon.
Rôdant parmi les essarts
déjà dans l’obscurité
lorgnant leur divinité
on devine les chasseurs.
