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Poème écrit par Toml

Drôle de baptême

Déjà, jeune enfant de catéchisme, tordu
Sous les yeux vigilants du maître et des maîtresses,
Vers la vitre, il rêvait à ce désert perdu
En son corps d’amant noir désireux de caresses.

Là c’est bien son premier baptême, en habit blanc,
Derrière une ombre de cette église pierreuse,
Intraitable ou furieux, des crampes sur le flanc
Il tend son sombre front à la foule amoureuse :

Bacchanale hystérie au coin du bénitier ;
Les parents, calmés par l’encens du petit prêtre,
Regardent leurs gamins, droiture de portier,
Craindre ces plafonds d’or où quelque foi doit naître.

Le vieil enfant, cerclé par ses parents, a fui
Trop plein, sous un vitrail, cette parade antique
De son école sainte où tous sentent de lui
L’âme contagieuse et la tendresse unique.

Et rien ! – pas la pitié douce, ni doux Jésus –
N’est pour lui remuement ou nocturne énergie ;
Ni faste ruisselant, ni malheurs de bossus
N’ont apaisé en lui son cœur et son orgie,

Quand, pris du linge fou des fillettes, grondant
D’amour et de dégoût pour ces petites vierges,
Encrassé, sur le mur au crucifix pendant,
Il éteignait d’ennui la flamme des vieux cierges.

Leur sale obéissance, après les bains d’accords,
Se voit faible et bourgeoise. Elles font les victimes
De leur époux brutal, asservi des essors
Et des tristes aveux de ses doux pleurs intimes.

Et, savourant déjà la toute blanche nuit,
Dans son drap qui, gorgé des pressions de l’alcôve,
‐‐ Les rideaux embleués de la tuile qui fuit,
Le tenait rougissant et claquant sa peau fauve,

Le sauvage, accroupi, les membres agacés
Qui se rayent au sol de l’église tiédie ;
Le soleil, périssable, éteint les bancs glacés
Où le sommeil fait taire à tous la comédie ;

Tous, les reins bourdonnants, buffets spiritueux,
Assis sur leur argent qui frotte dans la poche,
Prient, comme le prêtre à lui, le regard piteux,
Un vin qui délierait des lourds chants leur caboche.

Tous droits réservés © Poème posté le 06/10/2026 par Toml

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